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Docteur Barriot, au delà des psychoses irrationnelles,
existe-t-il un véritable risque bioterroriste ?
Oui,
car les agents biologiques ou chimiques qui font partie de l'arsenal
non conventionnel réunissent les caractéristiques
de l'arme terroriste presque idéale : relative simplicité
d'emploi, effet psychologique majeur. Diffuser un agent pathogène,
qui se présente le plus souvent sous forme volatile, dans
un réseau de climatisation ou d'approvisionnement en eau
ne demande pas une technicité extraordinaire. En revanche,
l'effet obtenu peut être majeur. Les modes de contamination,
par voie respiratoire, cutanée ou digestive, permettent
de multiples moyens de diffusion, pour qui fait preuve d'un peu
de détermination et d'imagination.
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Le bioterrorisme a t-il pour seul objectif de contaminer des êtres
humains ?
Non,
il ne faut pas négliger la possibilité d'une attaque
bioterroriste visant les élevages ou les cultures. La propagation
de maladies touchant les troupeaux pourrait constituer une menace
tout aussi grave que la diffusion d'agents pathogènes pour
l'être humain. Pour cette raison, il est important d'avoir
un réseau d'alerte efficace incluant les vétérinaires,
au même titre que les médecins généralistes
les médecins urgentistes et les pharmaciens.
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Quels sont les moyens existants pour lutter contre une attaque
bioterroriste ?
Il
y a d'une part une multitude d'intervenants d'horizons divers
( civils et militaires, publics et privés, professionnels
et bénévoles….), d'autre part un grand nombre
de plans de secours (plan particuliers des entreprises, plan rouge
des sapeurs pompiers, plan blanc des Hôpitaux, plan ORSEC
départemental, plan biotox…). Il y a en outre trois
niveaux d'organisation des secours : un niveau local, un niveau
de la zone de défense et un niveau national. Le succès
des opérations de secours repose sur le choix du bon plan
et sur une étroite collaboration entre tous ces services.
Il est important de souligner que même des services très
compétents lorsqu'ils sont pris individuellement peuvent
se neutraliser par manque de coordination. C'est ce qui s'est
passé au Japon lors de l'attentat au gaz sarin dans le
métro de Tokyo.
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Comment assurer une bonne coordination ?
La
principale difficulté est de ne pas être dépassé
par les événements. Le succès des opérations
de secours repose sur la coordination très précoce
des différentes équipes, et la municipalité
joue un rôle crucial à ce niveau.
Il faut donc y avoir pensé avant, travailler en amont pour
prendre la mesure la plus exacte possible du risque, et mettre
en place les procédures appropriées, tout en espérant
qu'elles ne serviront jamais. C'est de ce travail essentiel d'analyse
préalable que découle l'efficacité des trois
lignes de défense existantes : la protection, la décontamination
et le traitement.
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